BASTA – Nous en Avons Assez

  • Francis, Gabriel & Jean-Marc
  • 22 janvier 2026
  • Langue source: Français

Il y a d’abord eu les abus sexuels qui ont eu lieu durant nos années de jeunesse et qui allaient marquer le reste de notre vie.

Puis il y a eu la mauvaise volonté et l’incrédulité. Nous avons appelé à l’aide, mais n’avons pas été entendus.

Lorsque Rik Devillé a dénoncé ces abus à grande échelle auprès de la hiérarchie ecclésiastique, il a été tourné en dérision. Tout a été, comme on dit, étouffé.

En 2010, Marc VANGHELUWE a osé porter plainte publiquement contre son oncle. Dans son sillage, de nombreuses victimes ont crié pour obtenir reconnaissance et réparation.

En mai 2010, les évêques de Belgique ont rédigé une lettre pastorale dans laquelle ils reconnaissaient n’avoir offert aucune aide et avoir donné la priorité à leur propre réputation. Par des mots, une reconnaissance était promise aux nombreuses victimes.

Les victimes se sont regroupées et ont saisi les tribunaux afin d’engager la responsabilité du chef de l’Église catholique romaine, le Saint-Siège, ainsi que des évêques belges.

L’Église a invoqué son immunité et s’est considérée comme un État qui ne peut être appelé à rendre des comptes devant un tribunal. Il n’y a donc jamais eu de procès sur le fond. Au XXIᵉ siècle, l’Église reste toujours au-dessus des lois.

Une commission parlementaire d’enquête a été mise en place, dont les travaux ne sont pas encore achevés. Les témoignages concernant le fonctionnement de la justice ont été révoltants. Il faut attendre la mise en place d’un fonds de réparation afin d’indemniser équitablement les victimes pour les préjudices moraux et matériels subis et pour les années d’absence de réparation.

Le 27 septembre 2024, le pape de l’époque a prêté de solennels serments. On promettait justice et réparation. Un an et demi plus tard, ces paroles sont restées creuses. Malgré deux visites auprès du pape — y compris l’actuel — aucune suite concrète n’a été donnée à nos demandes urgentes d’indemnisation.

Nous avons attendu des années et tenu d’innombrables réunions. Les abus sexuels ont eu lieu, la justice est restée silencieuse et la médiation s’est révélée n’être qu’un simple pansement sur une plaie béante.

Nous en avons assez - BASTA

Francis, Gabriel & Jean-Marc