BASTA - Genèse
- Francis
- 29 janvier 2026
- Langue source: Français
Lorsque j’ai été invité pour la première fois à rencontrer le Pape François, j’ai accepté par curiosité, mais aussi pour une raison profondément personnelle. J’espérais que ma participation à ce processus encouragerait mon meilleur ami Bart à parler de ses propres abus et peut-être à trouver une certaine paix. Je m’étais depuis longtemps éloigné de l’Église et n’avais plus de véritable lien avec elle. La première rencontre à Bruxelles, le 27 septembre 2024, a laissé beaucoup d’entre nous prudemment optimistes. Nous croyions que peut-être, cette fois, avec ce Pape, les choses allaient enfin changer.
Cet espoir s’est rapidement dissipé. Au fil des réunions, nous avons rencontré un niveau de dysfonctionnement difficile à appréhender. Au début, j’ai accordé à l’Église le bénéfice du doute, suivant le rasoir de Hanlon : “N’attribuez jamais à la malveillance ce qui s’explique suffisamment par la stupidité.” Mais les retards, les esquives et l’absence d’actions concrètes rendaient cette hypothèse de plus en plus difficile à maintenir, surtout après avoir découvert la farce qu’est Tutela Minorum.
Parallèlement à ces rencontres, j’ai commencé à écrire des lettres au Pape, des “bulletins scolaires” informels évaluant si les promesses se traduisaient en actions sur quatre points concrets : traitement, compensation, responsabilisation et contact direct. Le Pape François a répondu. Son successeur, le Pape Léon, ne l’a pas fait.
Après des mois de silence et de propositions restées sans réponse, j’ai conclu que la communication elle-même était rompue. L’une de ces lettres a finalement été publiée dans La Libre Belgique, marquant une rupture claire avec la diplomatie silencieuse. La correspondance a ensuite culminé avec une lettre de démission, signée par onze des quinze survivants invités à l’audience papale, demandant le départ de l’Archevêque Terlinden et remise directement entre les mains du Pape, une démarche qui nécessitera peut-être encore un suivi.
Cette désillusion croissante a donné naissance à BASTA!. En moins de deux ans, après deux rencontres avec le Pape, d’innombrables échanges et des tentatives répétées de coopération, nous avons atteint un point où le silence n’était plus possible.
Ce site a deux objectifs : donner une voix aux victimes et aux sympathisants qui en ont assez et souhaitent dire BASTA!, et documenter notre parcours de l’optimisme prudent à l’opposition ouverte.
Assez, c’est assez. BASTA!