Pourquoi Se Débaptiser ?

  • Francis
  • 19 février 2026
  • Langue source: Anglais

En 2023, la série documentaire Godvergeten a secoué la Belgique. Pour la première fois, l’ampleur des abus sexuels au sein de l’Église catholique a été mise à nu à la télévision nationale. La réaction du public a été viscérale : 14.251 personnes ont formellement renoncé à leur baptême cette année-là, un nombre tellement supérieur à la moyenne annuelle habituelle d’environ 1.200 qu’il équivalait à une déclaration nationale.

Puis la vague s’est retirée. En 2024, le nombre est tombé à 4.780. L’indignation s’est refroidie. Les gens sont passés à autre chose. Les abus, non.

Nous, à BASTA!, croyons que cette tendance peut et doit être inversée.

La Barrière Est Pratique, Pas Morale

La plupart des gens qui veulent se débaptiser ne savent tout simplement pas comment faire. Même au sein de notre petit groupe de 15 survivants ayant rencontré personnellement le Pape François, nous avons entendu parler de personnes rencontrant des difficultés : lettres envoyées à la mauvaise paroisse, informations incomplètes, demandes perdues dans les méandres bureaucratiques. Si c’est aussi difficile pour des personnes qui ont rencontré le Pape, imaginez l’expérience d’un citoyen ordinaire.

L’Église n’a aucune raison de faciliter le débaptême. Il n’y a pas de formulaire en ligne, pas de point de contact central, pas d’instruction claire. Vous devez identifier la paroisse où vous avez été baptisé, souvent il y a des décennies, rédiger une lettre formelle et l’envoyer par la poste. Beaucoup abandonnent avant même de commencer.

C’est pourquoi nous construisons un outil simple d’utilisation qui vous guide étape par étape : trouvez votre paroisse, remplissez vos coordonnées et téléchargez une lettre prête à envoyer. Nous voulons supprimer tout obstacle pratique entre la décision et l’acte.

Pourquoi C’est Important

Certains considèrent le débaptême comme purement symbolique, une note dans un registre paroissial poussiéreux. C’est bien plus que cela.

C’est un message à l’Église. Chaque nom supprimé réduit le nombre que l’Église utilise pour revendiquer sa pertinence. En Belgique, l’Église catholique se présente encore comme la foi de la majorité, alors que la fréquentation hebdomadaire de la messe s’est effondrée à des pourcentages à un seul chiffre. Le débaptême comble cet écart. Il impose l’honnêteté.

C’est un message à l’État. Les structures politiques belges accordent encore à l’Église catholique un rôle disproportionné dans l’éducation, la santé et la vie publique, une influence enracinée dans des chiffres historiques qui ne reflètent plus la réalité. Lorsque des dizaines de milliers de personnes s’en vont formellement, cela renforce le plaidoyer pour une séparation claire de l’Église et de l’État et pour réduire l’empreinte d’une institution qui s’est avérée moralement en faillite dans sa gestion des abus.

C’est un message aux survivants. Chaque débaptême dit aux victimes : on vous croit, votre souffrance compte, et la société ne détourne pas le regard.

De Godvergeten à Brief aan de Paus

Godvergeten a révélé l’ampleur des abus mais s’est concentré principalement sur la Flandre. Le prochain documentaire Brief aan de Paus, diffusé le 3 mars sur CANVAS, va plus loin. Il demande ce qui a réellement changé. Il traverse la frontière linguistique. Il redonne la parole aux survivants. La réponse, de notre point de vue, est que très peu a changé. Nos lettres au Saint-Siège en témoignent intégralement.

Au-delà de la Belgique

Les abus cléricaux ne sont pas un problème belge. Les mêmes schémas d’abus, de dissimulation, de retards et de promesses creuses ont été documentés en Irlande, en France, en Allemagne, en Australie, aux États-Unis et dans de nombreux autres pays. Nous croyons que le débaptême devrait devenir un mouvement international. L’Église comprend les chiffres. Donnons-leur des chiffres qu’elle ne peut pas ignorer.

Ce Que Nous Demandons

Envisagez de renoncer à votre baptême. Non par haine de la foi ou des nombreuses bonnes personnes au sein de l’Église, mais comme un acte de responsabilisation. L’institution qui vous a baptisé a échoué à protéger les enfants, échoué à indemniser les survivants, et échoué à se réformer. Votre nom dans son registre est utilisé pour justifier son influence continue.

Nous construisons un outil pour vous guider dans le processus. Si vous avez déjà renoncé, vous pourrez bientôt certifier votre débaptême sur notre plateforme. Chaque débaptême renforce l’exigence de justice.

14.251 était un début. Pas un pic.