Lettre Au Pape 6/6
- Francis
- 24 février 2026
- Langue source: Anglais
Cette lettre fait partie d’une série : 1/6 · 2/6 · 3/6 · 4/6 · 5/6 · 6/6
Cette série de lettres a finalement culminé avec la remise d’une lettre désormais célèbre demandant formellement le retrait de Mgr. Terlinden de ses fonctions.
Par respect pour le temps des autres participants, nous avons choisi de ne pas interrompre le déroulement de la réunion et avons donc reporté la remise de cette lettre au tout dernier moment. C’était une décision délibérée. Parfois, quelqu’un doit se lever et oser dire ce que beaucoup d’autres pensent mais ne se sentent pas en mesure, ou autorisés, à exprimer. Le Groupe des 15, tel que constitué, ne représentait pas la grande majorité des victimes, et nous estimions qu’il était important que cette réalité plus large soit exprimée avec respect et clarté.
Que cette préoccupation ait été largement partagée est attesté par le fait que onze des quinze membres ont finalement signé le document avant sa publication dans les médias. L’initiative ne provenait donc pas d’un seul individu, mais d’une majorité substantielle au sein du groupe.
Lorsque Sa Sainteté a expliqué que “l’idée de l’Église est que ce sont les évêques locaux qui dirigent tout ce processus…”, je me suis senti obligé, respectueusement, d’intervenir. J’ai dit :
Votre Sainteté, je voudrais profiter de l’occasion pour dire quelque chose, car maintenant à plusieurs reprises vous nous avez entendus vous demander spécifiquement de faire pression sur les évêques belges. Nous avons parlé spécifiquement du manque d’empathie de Mgr. Terlinden, et je voudrais vous présenter une demande formelle de le démettre de ses fonctions, ou à tout le moins de le relever de cette charge, s’il vous plaît, ce n’est pas la bonne personne pour traiter ce sujet. Il n’est tout simplement pas qualifié. Ceci est signé par beaucoup d’entre nous, et je voudrais vous remettre ceci.
Cette lettre est donc soumise dans ce même esprit : respectueux, mesuré, mais ferme, et destiné à transmettre des préoccupations partagées par une majorité silencieuse qui n’était pas représentée dans la salle.
Votre Sainteté,
Nous vous écrivons avec respect, conformément au Canon 212 §3 1, qui affirme le droit et parfois le devoir des fidèles de faire connaître aux pasteurs sacrés les préoccupations relatives au bien de l’Église.
La gouvernance actuelle de l’Archevêque Terlinden a causé un préjudice continu aux survivants d’abus, aux fidèles et à l’Église elle-même. Son approche de la crise des abus a été caractérisée par un manque d’empathie, un manque de détermination et une approche de leadership axée sur la protection de l’institution plutôt que sur la réparation du tort causé.
Cette absence d’une politique guidée par l’empathie a conduit à une situation persistante dans laquelle les survivants sont laissés sans clarté ni soutien, tandis que les fidèles sont empêchés de recentrer leur attention sur la vie spirituelle et la communauté.
De plus, sa présence continue en fonction entrave activement le travail sincère et compatissant de personnes bien intentionnées à la base de l’Église qui s’efforcent d’accompagner ceux qui souffrent. Le résultat est le découragement, la division et une incapacité persistante de l’Église à guérir.
Cette situation correspond aux circonstances décrites dans le Canon 1378 §2 2, concernant l’omission préjudiciable dans la gouvernance. De plus, puisqu’un archevêque est le pasteur de son diocèse (cf. Canon 381 §1 3 4), les principes des Canons 1740–1747 s’appliquent : un pasteur peut être démis de ses fonctions lorsque son ministère cause un grave préjudice à la communauté, même en l’absence de faute personnelle.
Pour ces raisons, et par souci de la dignité des survivants, de l’unité de l’Église et du bien-être de la communauté des fidèles, nous demandons respectueusement que le Saint-Siège envisage la destitution de l’Archevêque de sa charge pastorale. À défaut de destitution, relevez-le au moins de ses fonctions de personne de contact pour les victimes.
Nous plaçons notre confiance dans le discernement et le jugement de Votre Sainteté en cette matière.
Avec nos respectueuses salutations, Les Survivants - Signé par 11/15 membres du “Groupe des 15”, remis en mains propres au Pape Léon par moi, Francis, le 8 novembre 2025
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Canon 212 §3 : Selon la science, la compétence et le prestige dont ils jouissent, ils ont le droit et même parfois le devoir de manifester aux pasteurs sacrés leur opinion sur les matières qui touchent au bien de l’Église et de la faire connaître aux autres fidèles du Christ, restant sauves l’intégrité de la foi et des mœurs, la révérence envers les pasteurs, et en tenant compte de l’utilité commune et de la dignité des personnes. ↩︎
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Canon 1378 § 2 : La personne qui, par négligence coupable, accomplit ou omet illégitimement, avec dommage pour autrui ou scandale, un acte de pouvoir ecclésiastique ou d’office ou de fonction, doit être punie selon la disposition du can. 1336 §§ 2-4, restant sauve l’obligation de réparer le dommage. ↩︎
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Canon 381 §1 : L’évêque diocésain possède tout le pouvoir ordinaire, propre et immédiat requis pour l’exercice de sa charge pastorale dans le diocèse qui lui est confié. ↩︎
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Canon 1740-1747 : La procédure de révocation ou de transfert des curés ↩︎