Effets économiques des ACE

  • Francis
  • 28 février 2026
  • Langue source: Anglais

Lors de notre réunion de deux heures et demie avec le Pape Léon XIV le 8 novembre au Vatican, nous avons soulevé le coût économique des abus sexuels sur enfants pour les victimes et la société. Malheureusement, le Saint-Père a montré peu de volonté de s’engager sur ce sujet. Voici le résumé exécutif que nous lui avons remis.

RÉSUMÉ EXÉCUTIF Calcul du dommage économique pour les victimes d’abus sexuels graves

La reconnaissance doit être suivie de réparation. Les abus sexuels sur enfants causent des dommages à vie. Compte tenu de la formation mathématique de Sa Sainteté, je suis convaincu qu’il appréciera une approche quantitative. Cette analyse, préparée avec le Prof. Lieven Annemans, applique des méthodes d’économie de la santé éprouvées, actuellement utilisées par le gouvernement belge.

L’analyse s’appuie sur les recherches relatives aux Adverse Childhood Experiences (ACE), des traumatismes précoces qui causent des dommages permanents. Les abus sexuels sur enfants comptent parmi les plus destructeurs, entraînant des effets à vie tels que la dépression, le TSPT, l’addiction, les maladies chroniques, l’isolement et un risque de suicide fortement accru.

L’économie de la santé mesure la perte de santé en Quality-Adjusted Life Years (QALY). Un QALY équivaut à une année en parfaite santé, évalué en Belgique à 40 000 euros. Une pathologie chronique telle que le TSPT entraîne une réduction durable des QALY et peut donc être quantifiée en termes monétaires.

Exemples de coûts individuels

  • Suicide à un jeune âge : q = 0,0, t = 50, Q = 40 000 euros mène à 2 000 000 euros en QALY perdus
  • TSPT chronique : q = 0,49, t = 35, Q = 40 000 euros mène à 686 000 euros en QALY perdus.

Exemples de coûts pour la société

  • Charge des soins de santé : environ 367 000 euros en coûts médicaux sur une vie, contre 69 000 euros payés par la victime.
  • Proposition de l’Église : Frais de soins à charge de la victime : 3 000 euros proposés par les évêques impliquent au moins 6 000 euros de coût réel pour la société.

La Belgique est un État laïque. Le Parlement a recommandé cette méthode de calcul au gouvernement, et puisqu’elle guide déjà la politique nationale de santé, nous demandons qu’elle soit désormais appliquée à l’Église. Nous demandons le remboursement non seulement des coûts individuels, mais de l’ensemble du dommage socio-économique causé par ces ACE. Des réparations justes s’élèvent à plusieurs millions d’euros par victime.

J’exhorte donc le Saint-Siège à préparer ses finances en conséquence. Le vaste patrimoine artistique et matériel du Vatican montre qu’une telle compensation est réalisable. C’est la chose juste à faire. Pour les victimes. Et pour la société.