Triangle Victimes - Église - État

  • Nicolas & Francis
  • 2 mars 2026
  • Langue source: Néerlandais

De l’espoir au BASTA : pourquoi les victimes se tournent maintenant vers la politique

Le 4 mars, des victimes d’abus sexuels commis par des clercs et des représentants de l’Église s’assoient à la table avec la ministre de la Justice Annelies Verlinden. Le moment est significatif : la réunion a lieu un jour après la diffusion par CANVAS de la suite de Godvergeten. Une situation exceptionnelle. Non parce que la confiance a été restaurée, mais parce que beaucoup de victimes ne placent plus leur espoir dans l’Église, mais dans l’État.

L’impasse actuelle trouve son origine en 2023, lorsque la série VRT Godvergeten a provoqué une onde de choc sociétale. Des dizaines de milliers de Belges ont renoncé à leur baptême. La confiance dans l’Église a été durement éprouvée, mais un espoir est aussi né que le changement structurel devienne enfin possible.

Cet espoir a pris forme en septembre 2024, lorsqu’une petite délégation de victimes a rencontré personnellement le Pape François lors de sa visite en Belgique. Il a ensuite répondu par écrit à leurs lettres et exprimé le souhait de poursuivre le dialogue.

Une deuxième rencontre a suivi en novembre 2025 à Rome, cette fois avec le Pape Léon. Dans les mois intermédiaires, de nombreuses réunions ont eu lieu avec des représentants de l’Église, au cours desquelles la frustration n’a cessé de croître face à l’absence d’actions concrètes.

Pas étonnant, donc, que la rencontre avec le Pape Léon ait culminé en un acte ouvert de frustration. Onze des quinze victimes présentes lui ont remis sur place une lettre demandant le retrait de l’Archevêque Terlinden.

Peu après, les victimes ont demandé une rencontre avec la ministre Verlinden. Cette rencontre a lieu maintenant, près de six mois plus tard.

Le 4 mars, victimes et Église s’assoient donc à une même table avec le gouvernement fédéral. Selon les victimes, c’est là que se trouve la réponse : auprès du gouvernement, pas auprès de l’Église.

BASTA : assez, c’est assez

De la frustration persistante est née un mouvement BASTA clairement identifié. BASTA signifie un message : assez, c’est assez. Après des années de pourparlers sans résultats tangibles, les victimes choisissent de consacrer leur énergie à la politique plutôt qu’à l’Église.

MAVEK : une large coalition aux exigences concrètes

En parallèle de cette évolution, MAVEK a vu le jour, l’Association des Victimes d’Abus Cléricaux. Cette alliance indépendante rassemble des victimes de divers groupes antérieurs et représente une base bien plus large. Après des années de fragmentation, elles parlent désormais d’une seule voix et adressent leurs exigences directement aux pouvoirs publics.

MAVEK plaide pour une solution structurelle, ancrée dans la loi, reposant sur trois mesures clés :

  • une fonction d’ombudsman indépendante pour les victimes
  • un statut officiel de victime prévu par la loi pour les abus cléricaux
  • un fonds de réparation, financé par l’Église mais géré en dehors de son influence

Les journalistes qui souhaitent comprendre ou couvrir cette nouvelle mobilisation des victimes peuvent contacter Nicolas Verzele concernant MAVEK via verzelenicolas@gmail.com - +32(0)492773963